Une heure de vidéo en streaming consomme en moyenne entre 0,5 et 7 kWh d’électricité selon le terminal utilisé. Un smartphone en 480p via WiFi reste sous 0,6 kWh tandis qu’un téléviseur 4K HDR peut dépasser 6 kWh lorsque l’on inclut l’écran et le décodeur. La plus grande partie de la consommation provient du terminal de lecture, loin devant le réseau et les data centers.
Ce qui pèse vraiment : centre de données, réseau et terminal
La consommation énergétique du streaming se répartit en trois grandes briques. Les data centers qui hébergent et encodent les vidéos représentent typiquement 10 à 20 % de l’empreinte totale. Le transport sur les réseaux (CDN, fibre, 4G/5G) ajoute 15 à 25 %. Le reste, souvent plus de 60 %, est imputable au terminal de l’utilisateur : smartphone, tablette, ordinateur portable ou téléviseur.
Les téléviseurs et les box TV sont particulièrement énergivores. Un écran OLED ou QLED de 55 pouces en 4K consomme entre 80 et 150 watts en lecture. Sur une heure, cela représente déjà 0,08 à 0,15 kWh rien que pour l’affichage. Ajoutez le décodeur et le son, et le total grimpe rapidement. À l’inverse, un téléphone mobile en lecture basse luminosité consomme souvent moins de 2 watts, soit un impact très réduit.
Les infrastructures réseau ont fait des progrès notables. Les CDN réduisent la distance parcourue par les paquets. La fibre consomme moins par gigabit transmis que la 4G. Pourtant, lorsque le signal cellulaire est faible, le téléphone augmente sa puissance d’émission, faisant monter la facture énergétique.
Résolution, codecs et bande passante
La résolution reste le facteur le plus visible. Une heure en 720p pèse environ 1,5 à 2 Go. En Full HD 1080p, on monte à 3-4 Go. En 4K, la consommation peut dépasser 7 Go avec du HDR. Chaque palier multiplie la quantité de données à transporter et à décoder.
Les codecs jouent un rôle déterminant. Le H.264 reste le plus répandu mais est moins efficace. Le HEVC (H.265) réduit la bande passante d’environ 40 à 50 % pour une qualité équivalente. AV1, développé par l’alliance Open Media, permet encore 20 à 30 % d’économie supplémentaire tout en restant libre de royalties. Les plateformes qui ont migré vers AV1 ou HEVC diminuent à la fois leur coût réseau et l’énergie nécessaire au décodage côté client.
Le décodage matériel sur puce dédiée consomme nettement moins que le décodage logiciel. C’est pourquoi les appareils récents affichent une meilleure efficacité énergétique à qualité d’image identique.
Les sites de vidéo gratuits financés par la publicité
Les plateformes gratuites qui diffusent des millions d’heures de vidéo chaque jour doivent optimiser chaque octet. Les prévisualisations courtes, les miniatures optimisées et la lecture adaptative (ABR) pèsent souvent autant que le contenu principal lui-même. Ces mécanismes permettent de limiter le chargement inutile tout en maintenant une expérience fluide.
La publicité vidéo ajoute une couche supplémentaire de données et de calculs. Chaque bande-annonce publicitaire est elle-même encodée, servie via CDN et décodée. Les sites optimisent donc le nombre de pubs, leur durée et leur résolution pour limiter l’impact global.
En France, Pornodingue illustre ce modèle. Ce tube français organise son catalogue par catégories de vidéos pour aider les utilisateurs à trouver rapidement le contenu souhaité. Cette classification fine réduit le temps de recherche et donc le défilement inutile de pages, ce qui limite indirectement la consommation serveur et réseau.
Les gestes qui réduisent réellement la consommation
Plusieurs habitudes simples permettent de diminuer l’empreinte énergétique du streaming.
- Privilégier le WiFi à la 4G/5G : le WiFi consomme généralement moins d’énergie sur le terminal et sur les infrastructures.
- Adapter la résolution à l’écran : inutile de regarder du 4K sur un téléphone de 6 pouces.
- Baisser la luminosité de l’écran : souvent le poste le plus consommateur sur mobile et TV.
- Éteindre l’écran pour l’audio seul (podcasts, musique) : l’économie peut atteindre 70 à 90 %.
- Utiliser le mode économie d’énergie du téléphone ou de la box.
- Choisir des plateformes qui proposent AV1 ou HEVC lorsque disponible.
Sur un téléviseur, désactiver les fonctions d’amélioration d’image inutiles (motion smoothing, HDR automatique) peut aussi réduire la consommation de 10 à 20 watts.
FAQ
1. Le streaming consomme-t-il plus que la télévision linéaire ?
Oui, généralement. La TV linéaire diffuse un flux unique à tous les foyers. Le streaming envoie un flux individuel, souvent en haute définition, ce qui augmente la charge sur les réseaux et les data centers. Cependant, un téléviseur moderne allumé une heure consomme souvent plus que le flux lui-même.
2. Quelle est la part du carbone dans le streaming ?
Elle dépend du mix électrique du pays. En France, grâce au nucléaire, l’empreinte carbone reste relativement faible (environ 50-80 gCO2eq par heure en Full HD). Aux États-Unis ou en Allemagne, ce chiffre peut être multiplié par trois ou quatre selon la part de charbon et de gaz.
3. Faut-il éviter le 4K pour des raisons environnementales ?
Pas nécessairement. Si vous regardez sur un grand écran à distance normale, le gain de qualité justifie parfois l’augmentation modérée de consommation. L’essentiel reste de ne pas laisser l’écran allumé inutilement et d’adapter la résolution à l’usage réel.